
A mon Pierro
Voilà deux mois que toi et Ethan êtes partis.
Je me souviens, quand je t’ai vu la première fois, ma première pensée fut : «Oh là là, ce garçon ne va jamais s’intéresser à moi ... Il est trop bien pour moi.»
J’avais tort.
Nous avons diné dans ce petit restaurant chinois ou un célèbre danseur classique français nous a offert un «diner-spectacle» imprévu et involontaire qui nous a bien fait rire.
Ton charme m’a immédiatement fait sombrer. A la fin de ce diner, tu m’avais d’ors et déjà conquis.
Ta personnalité, ton charme, ton physique, tout en toi m’impressionnait. Jusqu’à en perdre parfois mes moyens. J’étais convaincu de ne pas être assez bien pour toi et que tu finirais forcément par me quitter (complexe d'infériorité, quand tu nous tiens...). J'ai donc délibérément choisi de ne pas te montrer ce que j’éprouvais à ton égard. J’avais même réussi à me convaincre que je n’étais pas amoureux de toi. Surement l’un de mes plus gros mensonges ! Et tout cela, bien entendu, dans le but de me protéger le jour où, forcément, tu partirais. Un échec cuisant puisque je n'ai jamais tant souffert d'une rupture.
Tu étais la plus belle chose qui me soit arrivée.
Tu étais tendre, attentionné, toujours présent et prévenant et tellement d’autres choses encore.
Tu me faisais rire. Je me souviens que cela t’agaçait de me voir sourire à l’une de tes paroles ou de tes actions. Tu pensais que je me moquais de toi. Mais il n'en était rien, tu me rendais simplement heureux.
Lorsque j’ai réalisé mon erreur, il était hélas déjà trop tard. Tu voguais déjà vers d'autres horizons.
Et si…
Et si… Avec des « si », on referait le monde, pas vrai ?
Une part de moi se sent coupable de ce qui t’es arrivé. C’est idiot de penser cela, je le sais. Mais si je n’avais pas été aussi bête à l’époque, que j’avais embrassé pleinement notre relation, que je t’avais fait véritablement entrer dans ma vie plutôt que de te laisser sur le paillasson de la porte de mon cœur… Peut-être que…
...Peut-être que tu ne serais jamais monté à bord de cet avion.
La vie en a décidé autrement.
En ce jour fatidique du 20 août 2008, la tragédie madrilène de Barajas vous a emporté, toi et ton fils adoré, en quelques fractions de secondes. Partir à 32 ans et 4 ans, ce n'est pas dans la logique des choses.
La vie est parfois si injuste et cruelle ! Je t’ai perdu une première fois et voilà que je te perds une seconde fois.
Alors, je voudrais te dire une grand merci pour tous ces moments que nous avons partagé.
Mais je t’en veux d’être parti. Je t'en veux tellement...
Cette place dans mon cœur que toi et Ethan n'avez jamais quitté vous est désormais acquise à tout jamais. Je vous ai aimé, je vous aime et vous aimerais toujours. Comme on le dit chez moi : «Bon Vent» mes amours !
Dans cette tragédie, bien évidemment, je suis loin d'être le seul à souffrir. Mes pensées vont donc bien sûr à tes parents qui ont perdu un fils et un petit-fils, mais aussi à Magali qui a perdu son bout de chou de 4 ans et son meilleur ami.
Pour finir, je paraphraserai simplement une célèbre chanson (je ne suis pas certain que tu en appréciais l’auteur, mais ses paroles parlent d'elles-mêmes) :
«Puisque vous êtes parti, sachez qu’ici reste de vous comme une empreinte indélébile»
Hervé
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